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 Eleazar, Prêtre Lasombra

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Atrion
Philippus Grosbillus
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MessageSujet: Eleazar, Prêtre Lasombra   Lun 2 Mai - 14:55

Eleazar von Wogau, agent de la Main Noire

La Main Noire est la source d’un mal ancien, omniprésent et presqu’imperceptible. Elle manipule les manipulateurs, contrôle ceux qui contrôlent, enseigne à ceux qui voudraient enseigner et trahit ceux qui trahissent. Même lorsqu’elle se révèle en pleine lumière, les réponses de la Main Noire suscitent de nouvelles questions. Telles sont les manières antiques, maléfiques et immortelles des Morts-Vivants. Mais la Main Noire est aussi la source d’un grand bien, car elle protège les mortels de vampires trop innombrables et assoiffés de pouvoir, de la Camarilla comme du Sabbat. Ce faisant, elle permet à l’humanité de créer son propre monde et, ainsi, aux deux espèces de subsister.
- Athanasius Kircher, du noble Clan Lasombra, Priscus du Sabbat.

Eleazar est né dans une famille de la petite bourgeoisie saxonne. Sa vie, dans ses dix premières années, commença paisiblement, consacrée aux jeux dans les jardins de la villa des bords de l'Elbe. Comme toute la nation, sa famille assista à la montée en puissance du national-socialisme, mais, contrairement à certains habitants du pays, le père d'Eleazar refusa de rester passif en observant leur victoire. Déçu par l'attitude trop timide de la vieille garde conservatrice, le patriarche, un idéaliste, décida d'entrer en résistance en rejoignant, au grand dam de la famille, les rangs du KPD, le Parti Communiste Allemand. Il contribua à financer et à développer la section locale, jusqu'à en devenir un des plus éminents représentants et député du Reichstag. Vers 1935, pourchassé comme les autres membres de son parti par le nouveau régime, il fut finalement emprisonné et mourut en captivité à Dachau.

Le reste de la famille émigra alors en Argentine, où elle possédait une petite exploitation agricole. La nouvelle vie de Dietrich s'organisa alors dans le ranch, autour des guardians et des fermiers. La même année, à la grande horreur des Wogau, le fasciste Manuel Fresco accédait au pouvoir en Argentine. Dans le même temps, Eleazar découvrait de nouvelles injustices dans sa patrie d'adoption : les persécutions contres les indigènes et leur extermination, la pauvreté généralisée dans les classes ouvrières... et il perdait de manière accélérée sa foi naïve et juvénile en l'humanité.

Dans les années années 40, Eleazar entame malgré tout quelques études à l'université de La Plata, qu'il poursuit en dilettante, tout en s'intéressant surtout aux mouvement étudiants péronistes. En 1943, impuissant face à la guerre qui ravage l'Europe, il participe au putsch de Peron, en espérant redonner un peu de sens à son existence. Il s'investit de plus en plus dans le Péronisme et lutte dans l'espoir d'améliorer les conditions de vie des défavorisés. En février 1945, un nouveau traumatisme vient cependant le frapper, quand il est exposé aux premières images des ruines de Dresde, sa ville natale, ravagée par le bombardement des Alliés. Les notions de Bien et de Mal définitivement fracassées dans son esprit, Dietrich n'est plus animé que par sa haine de tout pouvoir établi, quelque soit son camp d'origine. Sa seule motivation réside désormais dans l'anarchie et le chaos ; sa conviction profonde que le seul Salut possible réside dans l'impossibilité qu'un pouvoir, quel qu'il soit, n'accède à une position de domination globale.

Il rejoint alors les franges radicales et participe à divers groupuscules de guérilla dans les profondeurs de la jungle : combattants de l'émancipation indienne, rebelles anarchistes et autres déçus et oubliés du progrès capitaliste. Son existence est désormais vouée à la clandestinité, au sabotage, à l'assassinat, à ce qu'il considère comme la seule forme valide, totale et intransigeante, de Résistance.

Eleazar combat aux côtés des rebelles pendant la "révolution libératrice des militaires", disparaît sous la présidence de Frondizi, soutenu par le péronisme, pourtant toujours interdit, et se fait oublier des autorités argentines. Un dernier baroud d'honneur après le coup d'état de Guido amène Eleazar et son groupe de guérilleros à assassiner un groupe d'officiers dans l'explosion d'un train, mais ils échouent dans leurs tentatives d'empêcher la junte militaire de reprendre le pouvoir... C'est alors que nous perdons toute trace de son existence...


It's just second nature,
It's what we've been shown,
We're living by your rules,
That's all that we know.



Mais commençons par le début. Au XVIe siècle, les Européens déversent sur le Nouveau Monde les premières vagues du flot de violence, de maladies et de fléaux qui l’inonde encore aujourd’hui. Parmi ces conquistadors, tourmenteurs, profiteurs et exterminateurs, nombre de Damnés, mort-vivants issus de la Grande Révolte Anarch, à la soif de sang inextinguible, qui flairent les nouvelles opportunités et comptent bien s’abreuver du continent jusqu’à le laisser exsangue. Au cœur des envahisseurs, dissimulés au plus profond de la horde, les premiers agents de la Main Noire.

Les fondateurs et les premières meutes du Sabbat se gorgent ainsi sans retenue de l’Amérique, profitant de l’aveuglement des Anciens rétrogrades d’Europe, encore traumatisés par les ravages qu’a causé l’Epée de Caïn naissante dans leurs rangs. En apparence, le Sabbat prospère dans les colonies. Toutes les bonnes choses ont une fin, pourtant. Les Anciens au sommeil lourd parviennent toujours à se réveiller, au bout d’un temps. Au XIXe siècle, en l’espace d’une trentaine d’années à peine, la majeure partie de l’influence et des possessions de nos Membres est contestée par des Caïnites du Vieux Monde. Heureusement, au milieu de l’anarchie et du chaos répandus par nos sauvages Nomades, la Main Noire agit, en secret, nous permettant de revendiquer, aujourd’hui encore, les Amériques comme notre place forte.

Alors que les meutes dévastent et pillent, des arrivants plus discrets organisent une conquête plus durable. Alors que le bétail indigène est massacré par les jeunes têtes brûlées, les Gardiens s’emploient à préserver une partie de cette population. Les Lasombra ont toujours possédés des liens ténus avec l’Église catholique et ses plus ferventes institutions. Quand nous avons brisé nos chaînes et dévoré nos Anciens, nous leur avons également dérobé cette influence – ou ceux d’entre eux qui nous avaient rejoints l’ont mise à notre service.

Tandis que les grands souverains catholiques accordaient leur bénédiction aux conquérants qui mettaient le Nouveau Continent à feu et à sang, nos Missionnaires Jésuites créaient les Réductions qui mettaient des milliers d’indigènes à l’abri de leur avidité. Bien sûr, une fois que les premiers défrichements furent terminés, nos meutes se trouvèrent quelque peu désœuvrées… Les colons enrichis de nouvelles terres devaient, après le génocide, bâtir et s’installer. C’est alors que la Camarilla entra en action et nombreux furent nos jeunes, désorganisés, qui perdirent ce dont ils s’étaient régalés pendant toutes ces années.
Cependant, dans les Réductions Guaranis, les Gardiens attendent en embuscade, protégés dans les profondeurs du continent, encore inaccessibles à la civilisation, prêts à défaire ce que la Camarilla a mis trois siècles à récupérer.

En Amérique Latine, les Invasions Anglaises tentent de reprendre les possessions du Sabbat que les Évêques, généralement des Lasombra de la péninsule ibérique, ont réussi à conserver. Leurs initiatives sont souvent couronnées de succès et la position de notre Secte est de plus en plus compromise.

La Main Noire lâche alors sur eux ses indigènes, avant de les abandonner, pour s’impliquer dans les milieux qui luttent pour l’indépendance contre la domination espagnole, jusque-là commandés par la Camarilla. En Argentine, le nouveau gouvernement républicain s’épuise dans la « Conquête du Désert », les guerres indiennes. Sous le règne de la Camarilla, néanmoins, le pays devient une grande puissance économique, grâce à l’obtention de nouveaux territoires agricoles que permet l’extermination des aborigènes ; la modernisation globale de l’économie et, enfin, l’abondance de nouveaux émigrants européens. Trop occupé par les hordes d’indiens étreints massivement qui se déversent sur ses frontières, le pouvoir de la Camarilla ne remarque pas à temps la grande proportion d’Anarchs qui peuple les nouveaux émigrants. Dans l’ombre, leurs groupes les plus radicaux sont pilotés par des agents de la Main Noire… En 1901, ils créent la FORA (Fédération Ouvrière Régionale Argentine), dominée par l’anarcho-syndicalisme. Dans les années 30, la contre-attaque généralisée du Sabbat mène, en Argentine comme ailleurs, à l’arrivée au pouvoir du fascisme. Le pays sombre dans l’anarchie, tandis que nos meutes enragées et les vampires de la Camarilla s’étripent. Dans les marges, des groupuscules rebelles luttent contre l’ancien pouvoir et la dictature, faisant des ravages dans les deux camps. Au milieu de la guerre mondiale, la population vampirique de la région a été réduite de moitié, tandis qu’émerge un nouveau leader, sorti de nulle part et apparemment indépendant de tout pouvoir Caïnite…

Forced by the pressure,
The territories marked,
No longer the pleasure,
Oh, I’ve since lost the heart.


Le réfectoire de la caserne est empli d’une foule dense, exaltée, qui beugle des insultes.
« Eleazar von Wogau, du ranch de La Plata, vous êtes accusé de guérilla illégale et de crimes contre la Nation Argentine.
- Vous êtes des traîtres et des porcs, je hurle ! Nous avons combattu pour Perón ! Vous étiez bien contents de nous avoir quand il fallait tuer des fascistes !
- Pour avoir perpétré l’assassinat d’officiers repentis, fidèles à la République ; pour avoir menacé la stabilité et la paix nouvelle dont jouit notre pays, cette cour martiale vous condamne à être fusillé, demain à l’aube. »
La garde nouvelle du maréchal – ces hommes qui, acculés, nous suppliaient, il y a quelques mois encore, de les cacher dans nos camps de la Pampa, parmi les indiens – m’entraîne vers les baraquements extérieurs. En traversant la cour, la vision troublée par la crasse et les coups, j’aperçois fugitivement le mur d’enceinte, criblé d’impacts, et le poteau maculé de sang qui trône, morbide, dans la paisible lueur crépusculaire. Spectacle paradoxal, j’ignorais encore, en cet instant, que je le contemplais pour la dernière fois.

Corrupted from memory,
No longer the power,
It's creeping up slowly,
That last fatal hour.


J’atterris durement sur le sol pavé de la cellule. La tête me tourne. J’enrage. Ces enfoirés vont faire de nous leurs boucs-émissaires, pour apaiser les factions. Oh, non ! Perón est bien trop glorieux, bien trop généreu !. Son triomphe ne saurait être entaché par le meurtre et le sabotage. Ces combattants renégats qui ont permis son accession au pouvoir, ils ont agis seuls, sans caution, et pour leurs méfaits, ils seront condamnés. Salopards. Ne vous en faites pas, on vous attendra en enfer.
Une homme en noir s’approche des gardes et leur murmure quelques mots. Une robe noire ? Je délire ou la Mort serait-elle déjà venue me chercher ?  C’est juste la fièvre, non ? Ah oui, une soutane. Ce n’est pas encore la Grande Faucheuse, ces imbéciles m’ont envoyé un curé. On veut garder jusqu’au bout sa petite conscience toute propre, hein ?
« Bienvenue Padre, mais je pense bien que vous ne pouvez plus rien faire pour moi. Alors épargnez- moi vos prêchiprêchas et allez plutôt vous préparer un bon café. Rendez-vous demain matin pour le grand spectacle. Croyez-moi, ça ne sert à rien, j’ai commis beaucoup trop de crimes au-delà de toute rédemption.
- Ah. Je vois. A toi d’écouter maintenant, mon Frère. Le Padre me fixe bizarrement, un petit rictus plaqué sur sa face tannée et barbue. Frère ? Ne suis-je pas censé être son « fils », plutôt ? Je suis ici pour t’offrir mieux que la Rédemption, reprend le Padre. Une Renaissance.
- Celle-là, on ne me l’avait jamais faite…
- Abandonne-toi, Frère, souffle le Padre. Il se penche vers moi d’une manière de plus en plus louche. Que ceci soit ton Rite de Création. »

Oh, I don't know what made me,
What gave me the right,
To mess with your values,
And change wrong to right.


J’émerge difficilement d’un sommeil exagérément profond. Que s’est-il passé ; le Padre m’a plongé dans le coma ou quoi ? Les gardes me secouent dans tous les sens, me frappent de leur matraque.
Je sens les coups, mais ils me laissent indifférent. Seul subsiste cette… Cette fureur ? Cette rage. Et cette faim incontrôlable. Je n’ai jamais été aussi affamé. Au travers des barreaux de la meurtrière, je vois le soleil qui se lève doucement et… il m’aveugle. Mes yeux brûlent, je ne vois plus rien, tandis que les gardes m’entraînent vers l’extérieur. Une souffrance insensée, pendant qu’on me lie au poteau.

Le Padre est là, lui aussi. Padre de Puta Madre, oui, que m’a-t-il fait ? Les soldats arment leurs fusils, se mettent en joue. J’entends des voix. Ca y est, je suis définitivement fou à lier. J’aurais pensé réussir au moins à mourir sain, après une vie d’insensé… Mais non, c’est la voix du Padre. Il ne raconte pas son charabia de bondieuseries habituel. A la place, il s’adresse directement à moi : « Sers toi de cette rage, écoute ta Soif, elle est sacrée. Oublie ce que tu es, libère-toi et dévore tes ennemis. Survis ou meurs à jamais, ceci est ta Création ! »
Un coup de tonnerre, un nuage de fumée, une douleur inimaginable. Ca y est, ils ont tiré. Douze balles dans la poitrine, je suis mort. Et pourtant, non. La Rage est toujours là, plus forte que jamais, et la Soif aussi. Dans un hurlement, j’arrache mes liens et, aveugle, me guide grâce à l’odeur du sang du peloton d’exécution. Je crie encore ma colère, un cri assourdissant, mais j’entends aussi la panique de mes geôliers, leurs battements de cœur qui résonnent comme s’ils étaient le mien propre. Dans un délire affamé, dans un déluge de poings et de crocs, je les dévore tous. Je recouvre la vue. Un bain de sang. Les corps éparpillés, comme des pantins grotesques, mutilés, disloqués. Ma peau fume. Et brûle !

L’ombre du Padre se déploie autour de moi, me recouvre, la brûlure s’estompe et je sombre à nouveau dans les ténèbres froides et accueillantes.

Please keep your distance,
The trail leads to here,
There's blood on your fingers,
Brought on by fear.


Je reviens à moi dans une jolie petite église blanche, au centre d’une modeste plantation, perdue au cœur de la forêt. C’est le couchant. Une clique d’Indiens, à l’extérieur, en fin de besogne, regagne ses pénates. Ils rentrent la canne, enferment les chevaux. C’est un de ces établissements séculaires, une ancienne réserve dans laquelle des religieux missionnaires recueillent et protègent les indigènes.
Une jeep s’arrête devant l’église, un groupe de guérilleros harnaché pour la jungle en descend, accompagnés du Padre.
« Bonsoir, Eleazar. Je suis le Très Révérend Athanasius Kircher, Priscus du noble Clan Lasombra, ton Père. Et voici ta Meute. » J’apprends que, assez logiquement, le Padre… pardon, le « Très Révérend », le Priscus, mon Père – bref, Athanase, est le « Prêtre de Meute ». Un des guérilleros, Ernesto, que tout le monde appelle « el Jefe » est le Ductus, le chef.


Rite d’acceptation, de bienvenue, Festin de Sang, célébrations et, surtout, Vaulderie, notre Auctoritas Ritae le plus sacré qui, par le partage du Sang uni la Meute. Je vous passe les détails ; si vous lisez ces lignes, vous connaissez (presqu’) aussi bien que moi les Rites du Sabbat.

Nous avons beaucoup à faire, m’apprend Athanase. Il m’enseigne, en bon Padre, (je plaisante, mais jamais plus je n’aurais osé appeler ainsi mon Sire, face à face) les préceptes de la Voie de la Nuit, le rôle de la Main Noire. Nous sommes les vrais fils de Caïn, le clan des Gardiens. D’autres nous accompagnent, au sein de la Main comme du Sabbat, mais nous sommes les Fondateurs, les créateurs de la Grande Révolte, les premiers à nous être libérés du joug de nos Anciens. Nous sommes envoyés sur ce monde comme un fléau de Dieu, à la fois Anges et Démons, pour provoquer le repentir. Nous mettons les fils de Set comme d’Adam face à leurs péchés. Nous les aidons à s’emplir des ténèbres qu’ils représentent, afin qu’ils ne les reproduisent plus. Nous rôdons dans la Nuit et nul n’est épargné par notre obscurité. Nous éteignons les dernières lueurs d’espoir et aidons les peuples à se résigner. Nous sommes la terreur incarnée, faite d’ombres et de chair desséchée.
Ma formation se poursuit, au fond des Terres Brûlées, à l’abri des regards, au milieu de nos servants, de nos disciples et de mes camarades de Meute.

A la fin de la guerre, je contemple les cendres de mon Europe d'origine. Je regarde ses ruinesfumantes. Cela ne me fait rien, ne m’impose aucune humilité. Nous sommes sur Terre pour apporter aux autres le repentir, pas le ressentir nous-mêmes. La Main Noire a tenu sa part, je pense, dans ces derniers événements. C’est son rôle de régulation. Le nazisme du Sabbat aura été un grand gâchis. Une telle débauche d’énergie, de bruit et de fureur. Pour rien… Il fallait y mettre fin, revoir nos priorités. Ces jeunes enragés, qui traversent en trombe des villes en flammes… D’accord, ils ont, comme moi, renoncé à leur nature humaine. Oui, ils se prennent pour des prédateurs, ils luttent contre les Anciens pourris et les marionnettes de la Camarilla. Mais, à quoi bon ? Rien de ce qu’ils bâtissent n’est durable. Cela est notre rôle à nous, en secret, tirant les ficelles, Main Noire. Malgré toute ma résignation, je ressentirai toute ma non-vie un mépris profond envers ces meutes des Fascii ou de la SS, comme envers tous ceux qui essayent de les maintenir en vie. Croyez-moi, je leur apporterai, à ces idiots, en toute priorité, terreur et repentir.

D’une certaine manière, je jouis de connaître ces interactions, de partager ces secrets, même si ça ne change pas grand-chose. Je savoure les nouvelles bribes de mon pouvoir et de mon savoir et j’ai, finalement, oublié mes rancœurs et mes doutes humains ; le regret m’a déserté. Je me délecte de mon nouveau cœur pétrifié, du sang impie qui m’anime. Athanase dit : « Le seul blasphème que l’on puisse commettre est de refuser de reconnaître ses plus sombres passions. La non-vie est une malédiction, c’est sûr, car son but est de maîtriser le démon intérieur, pour le relâcher sur le monde extérieur. »

Nous nous mettons en route, messagers de mort inéluctables, dans les forêts et les campagnes, puis les bordures des cités. Il nous faut pacifier les meutes sauvages de la région, les Anarchs trop agités. La Camarilla est retranchée dans ses petites possessions, la guerre s’est calmée. Athanase nous quitte pour tenir, pendant quelques années, la charge de Cardinal de Buenos Aires. Je reprends celle de prêtre de Meute, aux côtés de notre Ductus, Ernesto. A nous de maintenir la stabilité, d’éviter un renouvellement du conflit, afin que notre Père puisse profiter de son règne. Le statu-quo, voici apparemment à quoi aspire actuellement la Main Noire, pour des raisons qui me demeurent mystérieuses. Comme nombre de ses agents, je sers d’abord le Sabbat, ignorant du « Grand Plan » dont je sais juste qu’il existe dans l’esprit tortueux de certains de nos plus vénérables Priscii.

Alors que je commence à me lasser de cette non-vie de guérillero et aspire à un renouveau, Athanase, Excellentissime Cardinal, me convoque à Buenos Aires. J’y retrouve mon vieux compadre, Ernesto. En cette année 62, les choses ont quelque peu changé : l’Argentine a vu le retour des militaires au pouvoir, sans que je sache si c’était là notre projet depuis le début…
Quoiqu’il en soit, je pars. Nous sommes chargés de poursuivre les objectifs du Sabbat en Amérique latine, vers un nouveau théâtre d'opérations. Athanase nous quitte pour l'Europe, il évoque la fermeture du Rideau de Fer, sans que je sois sûr de comprendre si c’est là l’œuvre de la Main Noire ou ce contre quoi nous devrons lutter… Soit, j’en apprendrai plus en gravissant les échelons. Je fais mes adieux à mes Frères, je pars...

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Dernière édition par Griaule le Mar 3 Mai - 20:32, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Eleazar, Prêtre Lasombra   Mar 3 Mai - 19:29

Dietrich tongue ?
Superbe ! ça me donne matière à faire tout ça pirat.

Petite précision, c'est en 1960 que tu es envoyé dans à Mérida pour le compte de l'évêque Javier, ton contact est le Ductus Okaank’iin, un indigène Maya. Plus d'information te seront donnée sur place. Soit néanmoins mesuré dans tes actes et paroles, il ne suit pas la même voie que toi.
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MessageSujet: Re: Eleazar, Prêtre Lasombra   Mar 3 Mai - 20:28

@Das a écrit:
Dietrich tongue ?
Superbe ! ça me donne matière à faire tout ça pirat.

Petite précision, c'est en 1960 que tu es envoyé dans à Mérida pour le compte de l'évêque Javier, ton contact est le Ductus Okaank’iin, un indigène Maya. Plus d'information te seront donnée sur place. Soit néanmoins mesuré dans tes actes et paroles, il ne suit pas la même voie que toi.

Ouais, à la base, Dietrich c'était la "fausse identité" d'Eleazar pour la part de Dresden, du coup j'avais fait un historique en 2 parties (un "vrai" et un "faux") que j'ai rassemblé ici et que j'ai mal édité apparemment...:p moins la 2e partie en Allemagne qu'était plus trop pertinente (il participait à la Bande à Baader, à la place, il est envoyé à Cuba).

Au dépar mon Ductus argentin c'était un gars nommé "Che", pour le clin d'oeil, mais j'imagine que t'avais d'autres plans pour lui que d'en faire un agent de la Main Noire... Du coup j'ai mis juste Ernesto, mais ça peut aussi bien être Okaank'iin, yep. Si ça t'intéresse, la plupart des trucs que je raconte sur la Main Noire sont inspirés de Dirty Secrets of the Black Hand (si je me souviens bien, je crois qu'ya deux suppléments sur le sujet...) Y avait du BG sympa dedans, mais je sais pas si c'est dispo en franchouillard.

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MessageSujet: Re: Eleazar, Prêtre Lasombra   Mar 3 Mai - 22:27

Oui j'avais vu le clin d'oeil ;-)
En effet le Che est déjà prit... Okaank'iin comme Ductus peut bien coller si ça ne te dérange pas. Je t'enverrai plus d'info à son sujet si tu le souhaites. Mais il ne sera pas le Ductus de votre meute, je te rassure. C'est chiant d'imposer un PNJ dans les coteries PJ.
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MessageSujet: Re: Eleazar, Prêtre Lasombra   

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